Le patrimoine culturel

Le patrimoine artistique croate – aspects historiques

À l’origine, différentes cultures préhistoriques se sont succédées sur tout l’espace de l’actuelle Croatie, se traduisant par des mouvements de population et la formation d’ethnies non-identifiées. Les premiers habitants installés sur le littoral méditerranéen et dans la région pannonienne continentale développent des traits culturels propre à la période du néolithique et énéolithique (sites archéologiques de Danilo, Hvar, Vučedol) et sans doute à la période du première âge du fer. Ils sont rejoints par les Illyriens, ethnie aux contours culturels et artistiques bien définis. Alors en plein essor, ils se retrouvent au contact de la civilisation grecque (anciennes colonies d’Issa, de Faros, de Tragurion), puis de la civilisation romaine qui réussit sa percée, après la seconde résistance des Illyriens. Cela se solde par l’incorporation de tout le territoire de la province de Dalmatie, province au statut particulier, dans l’Empire Romain, avec Salona comme centre urbain.

La civilisation romaine a laissé des traces importantes dans la vie culturelle et sociale de ce territoire. Les Romains construisirent des routes, établirent des places fortifiées et créèrent de nombreuses villes en organisant des chantiers pharaoniques. Ces villes et plus particulièrement celles du pourtour du littoral sont restées des fondations indispensables à l’urbanisation qui suivra à l’époque médiévale (villes de Poreč, Pula, Zadar, Salona – Split). Après la chute de l’Empire Romain, le territoire de la Croatie méridionale se retrouve sous la coupe de Byzance et son influence demeure perceptible dans de nombreuses villes tout le long du littoral qui s’étend de Poreč (basilique euphrasienne) jusqu’à Dubrovnik.

Les plus anciens vestiges de l’architecture croate remontent à l’an 800 et témoignent de la conversion au christianisme. Cela se manifeste par la construction de petites églises érigées selon divers plans et dispositions avec des voutes ou des petites coupoles. Ces églises sont celles de la ville de Nin, Omiš, Ston, Trogir (Ste Barbara), et celles de l’île de Krk où elles ont été préservées. Entre le IXème et le XIème siècle, on remarque le développement important de l’entrelacs taillé dans la pierre comme ornement décoratif.

Des armes et des bijoux (boucles d’oreilles, anneaux) ont été retrouvés dans les premières tombes croates. Les bijoux les plus anciens sont d’origine byzantine puis progressivement ces accessoires revêtent une forme propre au style de l’artisanat croate.

D’un point de vue architectural, des basiliques romanes à trois vaisseaux avec absides font leur apparition à partir de la seconde moitié du XIème siècle (cathédrale de la ville Rab, de Zadar, de Trogir). Comme reliquat de l’architecture romane, on peut citer le cloître du monastère des Franciscains à Dubrovnik (XIVème siècle) et les églises jadis romanes qui ont été transformées par la suite en style gothique. Elles se situent au nord de la Croatie entre les fleuves de la Drave et de la Save (villages de Belec et de Glogovnica). Sur le plan de l’art sculptural roman, il est représenté par les artistes comme A. Buvine à qui l’on doit la réalisation du portail en bois de la cathédrale de Split (1214) et par le maître Radovan à l’origine du chef d’œuvre du porche, richement orné de statuts, de reliefs narratifs et allégoriques de la cathédrale de Trogir (1240).

Vers la fin du XIIème siècle, des tombeaux funéraires en pierre sont érigés en Dalmatie sur lesquels sont représentés des personnages d’une manière non conventionnelle, aux traits grossiers, des scènes de combat, de chasse et de danse. Ce genre de représentation prend fin avec la montée des Ottomans, ce qui a pour conséquence un développement architectural et artistique différent entre le nord et le sud de la Croatie. Le nord est sous l’influence centre européenne tandis que le sud est sous l’influence méditerranéenne, principalement de l’art et de l’architecture italienne.

Au XIIIème siècle, le style gothique apparaît au nord de la Croatie siècle lors de la construction de la cathédrale de Zagreb, qui a été réaménagée au fur et à mesure des siècles. Des fragments de fresques datant de la fin du XIIIème siècle ont été retrouvés dans la sacristie. Grâce à ses normes spécifiques et élémentaires, le style gothique a été maintenu jusqu’au XVIème siècle (églises de : Lepoglava, Remete, Samobor, Topusko, Glogovnica, Voćina).

Sur la partie littorale, cela se manifeste d’abord par des églises à vaisseau central (églises de : Trogir, St Dominique). Étant donné que dans la première moitié du XVème siècle, la majeure partie du littoral est sous l’emprise vénitienne, des églises, des palais princiers, des bâtiments de l’administration, des cloîtres, des loggias, des tours d’horloges et des fontaines sont construits à l’image du style gothique flamboyant vénitien où les éléments décoratifs priment sur la structure architecturale. L’un des grands maîtres du gothique flamboyant est Georges le Dalmate, bâtisseur de la cathédrale Saint Jacques de Šibenik. Sur ses absides, il a sculpté une frise continue ornée de 74 visages de personnages aux traits et caractères uniques. Il a également travaillé à Split (réalisation de l’autel de la chapelle St. Anastase dans la cathédrale), à Dubrovnik, à Zadar et à Ancône. Par la suite, ses disciples ont étendu le style gothique flamboyant vénitien à l’ensemble de la Dalmatie.

Des éléments gothiques apuliens parviennent jusqu’à Korčula, et sont introduits à Dubrovnik au XVème siècle par Onofrio di Giordano de la Cava, constructeur du Palais des Recteurs (1435) et de deux fontaines. Les éléments décoratifs gothiques prédominent également au niveau des porches dans le cloître du monastère des Dominicains (1428) à Dubrovnik et au niveau des fenêtres à meneau du palais de Ćipiko à Trogir. Dans le domaine de la sculpture, la sculpture sur bois se développe également, rarement comme forme d’expression libre et surtout avec la réalisation du mobilier d’église (stalle de chœur dans la cathédrale de Trogir, œuvre d’I. Budislavić). Les trésors des églises recèlent de nombreuses œuvres d’orfèvrerie.

Les monuments de l’art pictural se trouvent en majorité en Istrie. Les fresques les plus importantes se situent dans les églises de Pazin, de Butoniga et de Beram (fresques réalisées par l’artiste Antoine de Padoue au XVIème siècle). L’art de l’enluminure a atteint un haut niveau d’expression avec le Missel du duc Hrvoje, écrit en glagolitique par un maître enlumineur croate du XVème siècle.

Au tournant du XVème et XVIème siècle, l’influence de la Renaissance se fait sentir dans l’architecture et la sculpture sur le littoral de l’Adriatique. L’architecte et sculpteur A. Aleši est l’un des représentants de cette période de transition gothique-renaissance (auteur de la cuve baptismale à la cathédrale de Trogir). Le sculpteur I. Duknović a réalisé deux statues pour la chapelle de la cathédrale de Trogir. Il a travaillé à Rome et à Buda.

Nicolas le Florentin acheva la construction de la cathédrale de Šibenik. Sa façade a servi de modèle pour la façade de l’église Saint-Sauveur à Dubrovnik, Sainte Marie à Zadar et la cathédrale de Hvar. Dans l’esprit de la Renaissance, on construit des palais, des loggias, des arsenaux et des fortifications. L’architecte ragusain P. Miličević et les frères Andrijić de Korčula ont incorporé au style renaissance des éléments gothique flamboyant tardif dans le palais de Divone, également appelé palais de Sponza à Dubrovnik.

La peinture et l’art du polyptyque ragusain sont représentés par les œuvres de M. Jučić, V. Lovrina, M. Hamzića et comme personnalité la plus forte N.Božidarević. De nombreux artistes s’établissent un temps en Italie, où ils sont formés trouvant par la suite des possibilités de travail. Parmi ces « Schiavoni » [artistes formés en Italie], on remarque les peintres comme J. Ćulinović et A. Medulić, le miniaturiste J.Klović et le tailleur sur cuivre M. Kolumić-Rota.

Dans la Croatie du nord, la Renaissance a eu un impact moins retentissant mais on l’aperçoit dans certaines réalisations architecturales. Le style baroque a été plus exprimé dans cette partie de la Croatie, cela s’explique par son introduction par les Jésuites au XVIIème siècle selon leurs principes de l’aménagement et la décoration intérieure des églises (église de Sainte Catherine à Zagreb ; Varaždin). Pendant ce siècle, de nombreux édifices gothiques revêtent des éléments baroques. On procède à la réalisation des décorations intérieures des églises, des autels et des chaires. Les tableaux d’autel réalisés par le maître zagrebois B. Bobić atteignent un haut niveau de création. Le style baroque est à son apogée pendant tout le XVIIIème siècle, des palais et des demeures féodales sont construites dans certaines villes (le palais d’Oršić-Rauch à Zagreb, celui de Patačić et de Drašković à Varaždin), mais aussi à la campagne avec la construction de châteaux et de manoirs appartenant à la noblesse (Bistra, Gornja et Donja Bedekovčina, Lobor, Miljana, Brezovica).

Dans le domaine de l’architecture d’église, le baroque tardif est parfaitement représenté en l’église de Saint Ksaver à Zagreb, à Lepoglava, et au village de Purga près de Lepoglava, Belec (église Ste Marie), Trški Vrh, Bedekovčina, Daruvar, etc… où les éléments décoratifs intérieurs réalisés sur bois ou pierre, surplombés de fresques-illusion d’optique (I.Ranger) priment sur le style architectural général de l’édifice.

Au niveau du littoral, les principaux monuments et églises se rapportant à la période baroque sont à Dubrovnik (cathédrale, église de Saint Blaise, église des Jésuites). Elles ont été bâtit au début du XVIIIème siècle comme une variante au style jésuite romain ou plutôt du baroque vénitien. La plupart des œuvres d’art dédié aux églises et les tableaux d’autel proviennent des ateliers italiens. Parmi les artistes peintres locaux, T. Kokolje se distingue par une forte indépendance de style, tandis que F. Benković œuvre essentiellement à l’étranger, en Italie, en Autriche et en Allemagne.

Dans la première décennie du XIXème siècle, le classicisme n’a pas atteint une grande envergure d’expression, ni s’est fortement propagé. Sur le plan de l’aménagement et du mobilier d’intérieur, les classes moyennes ou la petite bourgeoisie se contentent des lignes discrètes et sobres du style biedermeier. Grâce à l’architecte B. Felbinger, des demeures familiales simples et harmonieuses sont construites et se multiplient à Zagreb.

Vers la fin de la période Biedermeier, la peintre V. Karas marque un tournant par le style de ses portraits et annonce ainsi une nouvelle période de la peinture croate. En Dalmatie, le contexte général s’immobilise à cause de la situation politique (chute de la République de Dubrovnik, occupation autrichienne), tandis qu’au nord, Zagreb devient le centre du développement culturel et artistique, notamment celui des beaux- arts et le centre de l’éveil de la conscience nationale.

Dans la dernière décennie du XIXème siècle, quelques peintres de talent formés à l’étranger font leur apparition, parmi eux le peintre portraitiste et paysagiste F. Quiquerez, ainsi que le peintre N. Mašić, représentant du genre idyllique. Le sculpteur I. Rendić travaille à l’ouvrage des monuments de ville et des monuments funéraires (statues de Gundulić, Preradović et Kačić).

En 1892, le peintre V. Bukovac s’installe à Zagreb alors qu’il est un artiste déjà bien affirmé dans le monde artistique. Grâce à sa personnalité et sa maîtrise artistique, il insuffle un courant nouveau avec ses œuvres historiques et allégoriques en réalisant des portraits, des études. Sa virtuosité, caractéristique de l’école française, il l’enrichit en y incorporant des luminosités hautes en couleurs.

La peinture religieuse et historique est représentée par le peintre C. Medović. Le peintre B. Čikoš-Sesija l’enrichie encore plus en termes de couleurs. Appartiennent également à ce cercle, le graphiste et écrivain mariniste Menci Cl. Crnčić, les peintres paysagistes F. Kovačević et S. Raškaj. La sculpture a également son représentant en la figure de R. Frangeš, sculpteur polyvalent qui travaille aussi bien sur des monuments de grande envergure que sur des plaquettes d’art figuratif et R. Valdec, auteur des bustes réalistes (celui de Strossmayer et de Rački). En 1898, ces artistes peintres et sculpteurs exposèrent leurs œuvres lors de l’exposition commune du Salon croate et devinrent les premiers enseignants à l’École des Arts qu’ils fondèrent en 1907.

Au début du XXème siècle, un nouveau courant européen se fit sentir dans la peinture croate.

Pour le peintre E. Vidović, la peinture est synonyme d’une libération par rapport au schéma académique. Suivant cette nouvelle ligne directrice et d’une manière encore plus affirmé, les peintres J. Račić et M. Kraljević appliquent le principe d’atténuation des tons. Malgré leur vie éphémère et grâce aux œuvres majeurs qu’ils ont composées, ils apportèrent une nouvelle orientation au développement de l’art pictural. Les peintres V. Becić et O. Herman étaient également à leurs côtés pendant leurs études au sein de l’Académie des arts de Munich. T.Krizman, quant à lui, s’est spécialisé dans les arts graphiques issus de la Sécession viennoise.

Avant la Première Guerre mondiale déjà, des associations d’artistes virent le jour comme les associations Lada et Medulić, et par la suite l’association le Salon printanier. Le groupe de Medulić se concentre sur l’expression des mythes nationaux, des légendes populaires, des poèmes et de l’histoire. Leur chef de file est le sculpteur Ivan Meštrović, qui par la force de ses réalisations, a très vite atteint une notoriété mondiale. De son côté, le peintre M. Rački se préoccupe des thèmes à caractère national et réalise tout au long de sa carrière des motifs de la Divine Comédie de Dante. Dans le domaine de la sculpture, l’artiste T. Rosandić s’affirme, ainsi que I. Kerdić en tant qu’artiste fondeur et B. Dešković comme sculpteur animalier. Parmi les artistes peintres de la nouvelle génération, on peut citer Lj. Babić et J. Miše.

Jusqu’au tournant du siècle, l’architecture est soumise au courant général de l’historicisme, introduite en Croatie par des architectes étrangers dans des projets à caractère public ou privé.

L’architecte V. Kovačić exprime le rejet du gabarit dans sa conception des règles d’urbanismes, des projets du bâtiment et des aménagements d’intérieurs. Par la suite, les architectes H. Ehrlich et E. Šen poursuivent son œuvre. L’influence des milieux austro-subdanubiens sur notre développement culturel cesse en 1918. L’orientation artistique, fortement influencée jusque là par les villes de Vienne et de Munich, change de cap et prend la direction de Paris. Cette nouvelle direction est représentée par les artistes J. Račić et M. Kraljević.

Aussitôt après la Première Guerre mondiale, l’activité des beaux-arts est représentée par le Salon printanier qui organise des expositions temporaires de certains artistes. À l’Académie des Arts, les peintres académiciens référent dans leur domaine enseignent, on y trouve M. Cl. Crnčić, B. Čikoš-Sesija et F. Kovačević ainsi que l’artiste fondeur I. Kerdić.

T. Krizman enseigne les arts graphiques, tandis que V. Bečić et Lj. Babić enseigne la peinture.

De son côté, Meštrović explore la poésie et les légendes populaires, les thèmes bibliques et symboliques en réalisant de grands monuments (les statues de Grgur Ninski, de Strossmayer, de Marulić).

L’artiste sculpteur F. Kršinić, ainsi que le sculpteur M. Studin, apportent de nouvelles valeurs à la sculpture par sa virtuosité à façonner des personnages féminins en marbre (notamment les sujets femme-mère et les sujets se rapportant à la musique). Vers la fin des années 1920, le sculpteur A. Augustinčić manifeste son talent et sa force.

Dans les années 1930, les sculpteurs V. Radauš, G. Antunac et I. Lozica s’affirment également. Dans la période de l’entre-deux-guerres, la polémique et la polarisation sur la question de l’expression artistique et de son but final font rage. Pendant la période de recherche et d’errance qui s’est emparée du monde artistique occidentale après l’horreur de 1918, les tendances expressionnistes et cubistes parviennent jusqu’en Croatie. Elles sont perceptible dans les premières œuvres de M. Tartaglie, Z. Šulentić, V. Gecana, Ð. Tiljka et M. Trepše.

En 1930, K. Hegedušić fonde dans l’esprit de l’idéologie nationale (de gauche) une école de peinture dans le village de Hlebine en région de Podravina. Elle est représentée par I. Generalić, F. Mraz et M. Virius. En Architecture, dans la continuité des réformes de V. Kovačić, des projets et des réalisations de conceptions modernes voient le jour chez de nombreux architectes de la nouvelle génération. Dans les années de guerre de 1941-1945, la peinture marque un l’arrêt. Cependant, les artistes ayant le mieux illustré cette période sont A. Augustinčić, V. Radauš, M. Detoni, E. Murtić.

En 1951, le groupe Exat 51, formé par des peintres et des architectes de Zagreb, tient un rôle important en matière de diffusion de l’art abstrait. Pendant la période d’après-guerre, l’art naïf s’affirme fortement et finit par obtenir une reconnaissance internationale.

Lors de l’Exposition Nouvelles Tendances (1961), l’art se développe sous le signe de la seconde avant-garde. Différents techniques sont exploitées : l’art conceptualiste, l’art de l’espace, l’art performance. La seconde moitié des années 1970 a permit l’émergence d’un cadre propre à de « nouvelles pratiques artistiques ». Le groupe Biafra prêche un art engagé. Dans ce courant de figuration nouvelle à champ élargi, la fin des années 1980 permit l’ouverture d’une nouvelle page de l’art croate.

Au début des années 1980, deux courants opposés prédominent au sein de la sculpture croate : le minimalisme et la figuration nouvelle. Les œuvres des artistes Z. Lončarić, V. Lipovac, M. Ujević s’imprègnent des éléments pop art. Le groupe Biafra crée la sphère de la nouvelle figuration. L’artiste I. Kozarić a une préférence pour les formes primaires. La nouvelle génération, composée de K. Kovačić et de P. Bogdanić, se donne pour défi la recherche de formes élémentaires libres.

L’architecture des années 1960 met l’accent sur le sens de l’espace, alors que dans les années 1970 prédomine le pluralisme des formes. Dans la période postmoderne, fin 1970, débute alors la période de prédominance des « structures inachevées ».

Le patrimoine culturel

Les plus anciens manuscrits croates

Les textes de la période littéraire moyenâgeuse sont pour la plupart rédigés en glagolitique et en vieux slave. Ils ont été introduits en Croatie par les disciples de Cyrille et Méthode. L’un des documents les plus importants de cette époque sont sans doute les fameuses Annales du curé de Duklja (Ljetopis popa Dukljanina) (fin XIIème siècle). Parallèlement à ces écrits littéraires apparaissent les premiers textes juridiques sous forme de monuments, rédigés en glagolitique et en langue croate vernaculaire (la Stèle de Baška, au environ de 1100 ; le Code de Vinodol en 1288).

Les codes de lois rédigés en croate : code de Vinodol, statuts de Poljice, de Vrbnik, la plupart institués dans les régions périphériques de l’île de Krk, statuts de Kastav, de Veprinac, et de Trsat. Parmi eux, le plus important est le statut de Vinodol datant de 1288. Il est rédigé en glagolitique et en langue croate. Au XIIIème siècle, la société croate est économiquement et culturellement développée, elle possède des codes juridiques, de droit coutumier, qui pour la première fois sont inscrits en langue vernaculaire. En ces temps, les statuts de Trogir, Korčula, Poljice, ainsi que d’autres statuts comme celui du Capitole de Zagreb, et les premiers urbarium (contrat agraire) revêtent une grande importance. Au milieu du XVème siècle, le premier document fixant les frontières de l’Istrie (Istarski razvod) est rédigé en écriture glagolitique et en langue croate, alors que les premiers écrits relatifs à la proclamation de ce statut datent de 1325.

Parmi les plus belles œuvres d’écriture et les plus richement décorés de la période du Moyen Âge, on peut citer les Missels. Ce sont des ouvrages liturgiques manuscrits rédigés sur du parchemin. Les Missels du XIème et XIIème siècle ont pu être conservés, comme le Missel de Zagreb de l’évêque Kažotić du XIVème siècle, le Missel du Prince Hrvoje Vukčić Hrvatinić de 1404, les Missels de Trogir, du Vatican et celui du Prince Novak. Ces deux derniers, rédigés en glagolitique, sont considérés comme étant les plus beaux Missels du patrimoine culturel croate. En plus de ceux déjà cités, il existe aussi le Missel selon le rite romain datant de 1483 et sa réplique le Missel de Senj datant de 1494, les Missels de Georges de Topusko et celui de Pavao Modrušanin, tous deux datant du XVème siècle. Le Missel romain officiel, datant de 1570, a été traduit du latin par le poète, écrivain et linguiste jésuite Bartol Kašić.

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